Karen Mukayelyan | MKS

Présentation

Karen "Samveli" Mukayelyan, né en 1972 à Erevan, est l’un des facteurs arméniens les plus reconnus dans la fabrication d’instruments à vent traditionnels. Également connu sous le nom de sa marque MKS, il est aujourd’hui considéré comme l’un des facteurs les plus expérimentés de sa génération, alliant savoir-faire artisanal et exigence de qualité.

La Musique dans la vie de Karen Mukayelyan

Karen Mukayelyan a grandi dans un environnement où la musique occupait une place sincère et profondément ancrée. Dès son plus jeune âge, il développe une sensibilité particulière au son et à l’expression musicale. Dans sa famille, la musique se transmettait naturellement : son grand-père jouait du violon posé sur le genou, une posture peu conventionnelle mais encore pratiquée dans certaines régions rurales du Caucase, tandis que d’autres membres interprétaient régulièrement des chants folkloriques, traditionnels, populaires ou religieux.

S’il n’a jamais suivi de formation formelle dans une école de musique ou un conservatoire, une rencontre déterminante va orienter son parcours : celle d’Armand Ghazaryan. Musicien accompli, pédagogue passionné et luthier spécialisé dans les instruments à cordes, Armand lui ouvre les portes d’un univers nouveau. À ses côtés, Karen découvre le Shvi et s’initie à la pratique musicale. Mais au-delà de la technique, il reçoit un enseignement fondé sur la justesse, le respect des codes musicaux et la précision d’exécution. Armand l’initie également à la facture instrumentale, lui apprenant à manier les outils, à reconnaître et différencier les essences de bois, à écouter les vibrations et à affiner l’accordage, posant ainsi les bases d’un savoir-faire qu’il développera tout au long de sa carrière. 

Cette relation, alliant amitié et transmission intergénérationnelle, constitue le véritable point de départ de son engagement dans la musique et l’artisanat.

Sa première approche avec la conception d'instruments 

Rien ne prédestinait Karen Mukayelyan à devenir facteur d’instruments à vent. Aucun membre de sa famille n’était luthier et il ne disposait pas d’un héritage artisanal direct. Sa rencontre avec Armand Ghazaryan marque pourtant un tournant décisif. Musicien et luthier spécialisé dans la fabrication et la restauration d’instruments à cordes comme le Tar, Armand lui ouvre les portes de l’univers de la facture instrumentale. À ses côtés, Karen apprend à utiliser les tours, perceuses et outils de précision, acquérant progressivement les compétences techniques indispensables à la création d’instruments.

Karen souligne souvent que cette rencontre a changé sa vie. Armand l’a guidé avec bienveillance, n’hésitant jamais à partager ses conseils et à corriger ses gestes, une ouverture rare dans un milieu où les secrets de fabrication restent souvent jalousement gardés.

Malgré son attachement à la musique, à l’artisanat et à la culture arménienne, Karen doit composer avec les réalités économiques de l’époque. Dans une Arménie fraîchement indépendante et encore marquée par soixante-dix ans de régime soviétique, les métiers manuels s’orientent vers des spécialités pratiques comme la mécanique, la menuiserie ou la serrurerie. Karen exercera ainsi dans ces domaines tout au long de sa vingtaine, reléguant la fabrication d’instruments au rang de passion parallèle. 

Après plusieurs expériences en Arménie et en Russie, il prend conscience qu’aucune activité ne pourra le détourner de sa culture, de son pays et de la musique. Pour lui, la musique n’est pas seulement une pratique artistique ou identitaire, c’est un langage universel, inscrit dans la matière même du monde. "Les sons existaient avant l’homme", dit-il, "et celui-ci n’a fait que les organiser."

Porté par cette conviction, il revient définitivement en Arménie pour se consacrer à la fabrication d’instruments à vent traditionnels. Son premier instrument sera naturellement un Shvi, celui qu’il avait appris à jouer auprès d’Armand, et qui marquera le point de départ de son parcours artisanal.

C’est aussi à cette période qu’il perçoit une opportunité majeure : le départ à la retraite de Karlen Matevosyan, légendaire facteur installé aux États-Unis. Ayant longuement étudié ses instruments et l’ayant rencontré à plusieurs reprises, Karen s’inspire profondément de son travail. Grâce à une rigueur constante et un sens aigu du détail, il parvient à se rapprocher des qualités sonores des Duduks de Karlen. Peu à peu, les musiciens habitués à ces instruments se tournent vers ceux de Karen, retrouvant dans ses créations une continuité fidèle à cet héritage d’excellence.

En 2001, il signe ses premiers instruments à vent, y apposant un logo qui évoluera avec le temps. Curieux, rigoureux et attentif au moindre détail, il affine sa technique et développe une approche personnelle, à la fois sensible et exigeante.

Aujourd’hui, il est reconnu comme l’un des artisans les plus respectés et actifs dans le domaine. Ses instruments, gravés MKS, sont devenus une référence pour les musiciens professionnels comme pour les amateurs, alliant précision, stabilité et caractère sonore.

Philosophie de conception

Luthier autodidacte, Karen Mukayelyan a forgé au fil des années sa propre philosophie de la facture instrumentale. Il a patiemment affiné son savoir-faire en observant, démontant et étudiant avec minutie les instruments des maîtres qui l’ont précédé. Aujourd’hui, musiciens et passionnés de Duduk le reconnaissent unanimement comme l’un des maîtres artisans de la conception d’instruments à vent arméniens.

Karen fabrique la grande majorité de ses instruments en bois d’abricotier, essence emblématique du Duduk. Bien qu’il ait expérimenté d’autres bois fruitiers tels que le poirier, le pommier ou le prunier, ainsi que des essences exotiques comme l’ébène, le cocobolo ou le kingwood brésilien, il revient toujours à l’abricotier. Selon lui, ses propriétés acoustiques, sa densité et sa stabilité en font le matériau le plus adapté à l’expression du Duduk arménien.

Au-delà du choix de la matière première, son objectif principal est d’atteindre une profondeur sonore optimale. Là où certains fabricants privilégient l’apparence extérieure ou l’usage de bois particulièrement denses et lourds, Karen concentre son attention sur la résonance, la justesse, la richesse harmonique et la facilité de jeu. 

Pour lui, un bon Duduk est un instrument vivant, dont le son doit être riche, ample et expressif. Il doit se laisser guider naturellement sous les doigts du musicien, sans résistance ni effort, offrant un plaisir de jeu constant. Cette exigence et cette écoute attentive expliquent pourquoi de nombreux musiciens professionnels choisissent ses instruments.

Variantes et pluralité

Fort de son expérience et de nombreuses années de pratique minutieuse, Karen Mukayelyan maîtrise aujourd’hui la fabrication d’une large gamme d’instruments à vent traditionnels. En plus des Duduks traditionnels, il s’est spécialisé dans la conception de variantes telles que les Duduks réglables, les Duduks basses, les modèles accordés en 432 Hz, les Duduks chromatiques ou encore ceux réalisés en bois exotiques, plus complexes à travailler en raison de leur densité.

Son savoir-faire s’étend également à la fabrication d’autres instruments arméniens tels que le Shvi, le Blul et le Pku, chacun décliné dans différentes tonalités et configurations. Tous sont conçus avec la même exigence de justesse, de finition et de qualité acoustique.

Cette capacité à produire des instruments variés sans jamais compromettre la qualité est le fruit d’une longue expérience et d’une détermination constante à répondre aux attentes des musiciens, même lorsqu’elles sont techniquement complexes ou inhabituelles. Karen puise une grande part de son inspiration dans le dialogue avec les artistes. Leurs idées, leurs demandes particulières et leurs projets ambitieux l’incitent à innover en permanence. De ces échanges naissent des instruments uniques, conçus sur mesure, où l’excellence devient un langage commun entre l’artisan et le musicien.

Inventions et améliorations d'instruments par Karen Mukayelyan

Avec plus de vingt-cinq ans d’expérience, Karen Mukayelyan n’a pas seulement perfectionné la fabrication traditionnelle du Duduk. Il a également développé et amélioré certains modèles afin de répondre aux besoins spécifiques de musiciens, notamment ceux évoluant sur scène dans des contextes modernes et internationaux.

Invention - Duduk Chromatique 

En 2008, il conçoit l’un de ses modèles les plus marquants : le Duduk chromatique, réalisé sur mesure pour le multi-instrumentiste Pedro Eustache, membre de l’orchestre de Hans Zimmer. Inspiré du fonctionnement de certaines flûtes à bec européennes, ce modèle facilite l’exécution des demi-tons grâce à l’ajout de perces supplémentaires. Là où le Duduk traditionnel demande une grande précision de doigté pour produire ces notes intermédiaires, cette adaptation les rend plus accessibles.

Si Karen lui-même, ainsi que de nombreux musiciens arméniens, n’utilisent pas ce type de Duduk qu’ils jugent moins riche sur le plan sonore, cette innovation répondait à un besoin précis. Pedro Eustache, qui ne pratiquait pas le Duduk de manière régulière, recherchait une solution simple et efficace pour intégrer l’instrument dans ses performances sans devoir en maîtriser toute la complexité technique. Karen a su écouter cette demande et proposer une réponse adaptée, alliant fonctionnalité et respect de l’esprit de l’instrument.

Invention - Duduk Réglable

En 2010, à la demande du musicien Ashot Khandgeldyan, Karen Mukayelyan met au point le Duduk réglable. Cette invention répond à un problème fréquent : l’instabilité de l’accord du Duduk et de son anche lors de représentations, en raison de l’humidité et des variations climatiques qui peuvent faire légèrement monter la tonalité. Grâce à une embouchure ajustable, le musicien peut allonger la longueur totale de l’instrument en temps réel, abaissant ainsi la tonalité et retrouvant une justesse parfaite.

Cette innovation a conduit à la création d’autres variantes, comme les Duduks équipés de plusieurs têtes interchangeables. Cette modularité permet de passer facilement d’un accord en 440 Hz à un accord en 432 Hz, ou à d’autres tonalités.

La particularité des Duduks réglables conçus par Karen réside dans l’utilisation de renforts en fil plutôt qu’en anneaux métalliques pour stabiliser la tête amovible. Les anneaux métalliques, rigides et fixes, peuvent contraindre le bois, tandis que les renforts en fil offrent une élasticité qui permet au matériau de se dilater ou se contracter naturellement. Selon Karen, cette approche plus organique prolonge la durée de vie de l’instrument, améliore l’étanchéité et garantit une fixation fiable de la tête.

Invention d'un instrument hybride inspiré du Shvi, du Blul et de la flûte traversière

Parmi ses créations les plus originales, Karen Mukayelyan a mis au point un instrument hybride qui n’a pas encore reçu de nom officiel, mais qui attire l’attention d’un nombre croissant de musiciens. Sa particularité réside dans une posture de jeu horizontale, proche de celle de la flûte traversière, une approche inhabituelle dans l’univers des instruments arméniens, généralement joués à la verticale ou légèrement inclinés.

Le son est produit sur le même principe que celui du Shvi, grâce à un sifflet intégré à l’embouchure, tandis que le doigté s’inspire d’un Blul chromatique. Cette combinaison permet d’atteindre deux octaves et une tierce, offrant une tessiture riche.

La posture particulière qu’il impose demande une certaine expérience des instruments joués horizontalement, ce qui le destine davantage à des musiciens déjà familiers de cette technique. Pour ceux qui s’y initient, il ouvre cependant de nouvelles perspectives, mêlant sonorités traditionnelles et possibilités techniques inédites.

Création du Shvi à deux corps

En 2011, Karen Mukayelyan réalise un Shvi que l’on pourrait qualifier « à deux corps », c’est-à-dire doté de deux tubes sonores distincts, permettant de jouer simultanément deux notes différentes avec une seule insufflation. Cette configuration ouvre la possibilité d’accompagner la mélodie principale par des intervalles fixes, comme des tierces ou des quintes.

Bien que cette création ne soit pas une invention au sens strict, des instruments similaires existent déjà dans d’autres traditions, notamment en Géorgie ou chez certains peuples utilisant des flûtes à bec, Karen l’a adaptée à l’univers du Shvi arménien, offrant ainsi aux musiciens une nouvelle palette sonore dans un format familier.

Amélioration sur le Shvi 

Bien que le Shvi soit déjà un instrument bien établi et largement diffusé parmi les musiciens arméniens, notamment grâce au travail de l’artisan Ruben Rushinyan, Karen Mukayelyan a conçu au fil des années de nombreuses variantes visant à l’améliorer. Il s’est notamment attaché à développer des modèles plus graves, tout en conservant une précision et une justesse irréprochables. Instrument de prédilection pour Karen, le Shvi occupe une place centrale dans son parcours. Il a toujours pris plaisir à en concevoir, à expérimenter et à affiner chaque modèle.

L’intérêt et l’utilisation de ses instruments par des musiciens tels que Levon Tevanyan, Helbert Asatryan ou Ernest Manukyan l’ont encouragé à élargir les possibilités de création et à explorer de nouvelles variantes acoustiques et techniques.

Amélioration sur le Blul

Depuis l’ajout d’une huitième perce par Norayr Kartashyan dans les années 1990, le Blul a progressivement gagné en reconnaissance, notamment auprès des chefs d’orchestre et compositeurs. L’instrument, longtemps resté dans l’ombre du Duduk ou du Shvi, a commencé à être pris au sérieux dans des contextes professionnels. Cette évolution a naturellement conduit à un besoin accru de précision, de stabilité et d’adaptabilité dans sa fabrication.

C’est dans ce contexte que Karen Mukayelyan a entrepris de perfectionner ses Bluls, en développant une série de variantes techniques et acoustiques. Il propose aujourd’hui des Bluls accordés dans des tonalités rares, autrefois peu utilisées, mais désormais recherchées. Il a également conçu des Bluls à tête amovible, permettant de modifier ou ajuster la tonalité, voire de remplacer facilement la tête en cas d'usure ou de fisure dans le temps.

D’autres modèles encore vont plus loin dans l’accessibilité et l’innovation :

  • Bluls avec embouchure de shvi, qui permettent de produire le son via un sifflet intégré plutôt que par une embouchure libre, souvent difficile à maîtriser.
  • Bluls avec doigté de Shvi (diatonique), facilitant grandement l’apprentissage pour les musiciens déjà familiers du Shvi ou du Duduk, en évitant le doigté chromatique traditionnel du Blul.

Ces innovations traduisent la volonté de Karen d’ouvrir l’instrument à un plus large public, tout en respectant ses caractéristiques sonores de l'instrument. Le Blul, autrefois confidentiel et vu comme un instrument de berger, trouve ainsi une nouvelle place dans le paysage musical arménien.

Amélioration sur le Pku 

Sans chercher à transformer en profondeur le Pku, Karen Mukayelyan a orienté son travail vers le développement de modèles dans des tonalités aiguës peu courantes, comme le La (à six doigts) ou le Si♭ (à six doigts). Ces registres sont réputés difficiles à stabiliser, tant pour l’accord que pour la qualité du timbre. Traditionnellement, le Pku est fabriqué dans des tonalités graves, plus répandues et plus simples à concevoir comme à maîtriser. Les tonalités aiguës, plus rares et techniquement exigeantes, avaient longtemps été négligées. En s’attaquant à ce défi, Karen a élargi les possibilités sonores de l’instrument et enrichi son répertoire.

Musiciens utilisant les instruments de Karen Mukayelyan

Fort de plus de 25 ans d’expérience, Karen Mukayelyan s’est imposé comme l’un des maîtres artisans les plus respectés et actif dans la fabrication de Duduks et d’instruments traditionnels arméniens. Son savoir-faire a séduit de nombreux musiciens prestigieux, à commencer par Gevorg Dabaghyan, ainsi que ses élèves Emmanuel Hovhannisyan, Harutyun Chkolyan, Norayr Gapoyan et Arsen Petrosyan.

Ses instruments accompagnent également, au quotidien, des maîtres reconnus tels que Kamo Seyranyan, Norayr Kartashyan, Loris Nikoghosyan, Vahan Harutunyan, Ashot Khangeldyan, Gevorg Karapetyan, Avag Margaryan (Blul) et Vahan Zakaryan, ainsi que de nombreux artistes actifs comme Anna Mkhitaryan, Edward Manucharyan, Anna Hovanyan (Blul), Narek Khazandyan, Tatul Hambardzumyan et Gabriel Shahinyan.

À l’international, des musiciens de renom tels que Pedro Eustache, Sylvain Barou, Levon Minsyan, Artyom Minasyan, Rostom Khachikian, Levon Khozian ou encore Tigran Karapetyan font également confiance à ses instruments, qu’ils utilisent aussi bien sur scène qu’en studio.

Karen Mukayelyan et Pedro Eustache © Karen Mukayelyan

Distinction officielle et statut 

Distinctions

En 2023, à l’initiative du célèbre joueur de Duduk Levon Tevanyan, une candidature a été déposée auprès du Ministère de la Culture d’Arménie pour l’attribution du titre honorifique de « Maître du Peuple » à Karen Mukayelyan. Cette prestigieuse distinction est traditionnellement décernée aux artisans qui se distinguent dans des domaines emblématiques de l’artisanat arménien, tels que la tapisserie, l’orfèvrerie, la sculpture sur bois, la fabrication de khachkars ou encore la création d’instruments de musique.

Bien que Karen Mukayelyan n’ait jamais recherché de reconnaissance officielle, c’est grâce à l’initiative de Levon Tevanyan, Artiste honoré d’Arménie, désireux de faire connaître son travail et de lui rendre hommage, que cette distinction lui a été attribuée. Lors d’une intervention sur les ondes de la Radio publique arménienne, Karen déclarait avec humilité : « Je ne me voyais pas aller de moi-même au Ministère pour demander le titre de Maître du Peuple. Sans l’initiative de Levon Tevanyan, je ne l’aurais très certainement jamais obtenu. » (Armenian Public Radio, 2025)

Il devient ainsi l’un des tout premiers facteurs de Duduk à recevoir cette reconnaissance officielle, soulignant la qualité exceptionnelle de son travail et son apport essentiel à la culture arménienne.

Statut

Karen Mukayelyan demeure avant tout un artisan indépendant, fidèle à une approche profondément personnelle de son métier. Bien qu’il implique ses fils, Davit et Samvel, dans certaines étapes du processus de fabrication, il assure lui-même la réalisation des phases les plus délicates et exigeantes, notamment l’accordage et la finition des instruments.

Contrairement aux ateliers de production en série, où les tâches sont standardisées et réparties entre différents ouvriers, Karen tient à conserver une maîtrise complète de chaque création. Cette implication directe lui permet d’insuffler une âme unique à chacun de ses instruments, un caractère vivant, authentique, fidèle à son identité et à celle du musicien.

Dans le même esprit, Karen Mukayelyan refuse l’usage de machines CNC automatisées, qui permettent de standardiser des étapes comme le taillage et le perçage du bois. Pour lui, investir dans ce type d’équipement reviendrait à entrer dans une logique de production industrielle, plus rapide et optimisée, certes, mais éloignée de la relation intime qu’il entretient avec chaque instrument et chaque musicien. Il privilégie une méthode artisanale, plus lente mais rigoureuse, où chaque geste est maîtrisé et chaque détail pensé. C’est dans cette exigence manuelle que Karen puise la singularité et la sensibilité de ses instruments.

Transmission 

Karen Mukayelyan transmet aujourd’hui son savoir-faire à ses deux fils, Davit et Samvel, eux-mêmes musiciens et passionnés par la fabrication d’instruments à vent. Il nourrit l’espoir de pouvoir un jour agrandir son atelier afin d’accueillir des apprentis et ainsi perpétuer cet héritage précieux. La transmission reste pour lui une mission essentielle : faire vivre ces instruments traditionnels et assurer leur avenir entre les mains des nouvelles générations.

Rencontrez Karen Mukayelyan 

Karen Mukayelyan travaille principalement dans un petit atelier de 6 m² installé au sein même de son logement à Erevan. Cet espace, bien que modeste, lui suffit amplement pour son activité d’artisan indépendant. 

En raison de cette configuration, il ne peut accueillir de groupes ni proposer de visites libres. Les rencontres avec Karen sont donc généralement planifiées à l’avance, sur rendez-vous. Lors de ces échanges, il reçoit les visiteurs chez lui et, lorsque cela est possible, leur fait essayer quelques instruments disponibles. Cependant, ces occasions restent rares, la demande étant forte et sa production volontairement limitée afin de préserver la qualité de chaque pièce.

Sources

Les informations présentées dans cet article de blog sont issues d’échanges directs avec Karen Mukayelyan. Afin de garantir la fiabilité du contenu, l’article a été relu et validé par Karen Mukayelyan lui-même, dans le but de vous transmettre les éléments les plus précis concernant sa biographie et son parcours.

Interviews, vidéos et ressources supplémentaires :

5 րոպե ԱՐՎԵՍՏ. Կարեն Մուքայելյան © Armenian Public TV

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