Les Registres du Duduk : du soprano à la basse

La famille du Duduk se répartit en cinq registres, du plus aigu au plus grave : soprano, alto, ténor, baryton et basse. Cet article présente seize tonalités, du Mi (E) soprano au Fa (F) basse. Toutes couvrent la même étendue, une octave et une tierce mineure, à une hauteur propre à chacune.

Tonalité, tessiture et registre

La tonalité d'un Duduk désigne la note qu'il fait entendre tous trous ouverts : un Duduk en La (A) sonne un La. Tous trous de jeu bouchés, il descend à la relative mineure, soit le Fa♯ (F♯) pour le Duduk en La (A).

La tessiture est l'étendue comprise entre ces deux notes : une octave et une tierce mineure. Les musiciens qui maîtrisent le contrôle de l'anche avec les lèvres gagnent un ton dans l'aigu, ce qui porte l'étendue à une octave et une quarte. Cette tessiture se compte à huit doigts, sans le trou d'accord situé au dos de l'instrument.

Le registre situe enfin l'instrument dans sa famille. Plus le tube est long, plus le son est grave : le corps mesure une trentaine de centimètres pour un soprano, environ 35 cm pour le La (A) alto, et dépasse le demi-mètre pour les basses.

Les cinq registres du Duduk

Le Duduk soprano

Le soprano est le registre le plus aigu de la famille. Il réunit les tonalités de Mi (E), Ré (D), Do (C) et Si (H), dont le timbre clair et brillant convient aux airs de danse. Un Fa (F) plus aigu encore existe, mais il reste rare.

Le Duduk alto

Le registre alto comprend le Si♭ (B) et le La (A). Le Duduk en La (A) est le plus répandu et le plus souvent conseillé pour débuter : sa tessiture va du Fa♯3 (F♯3) au La4 (A4).

Le Duduk ténor

Le registre ténor compte trois tonalités : le Sol (G), le Fa (F) et le Mi (E). La sonorité profonde du Sol (G) et du Fa (F) est associée aux chants d'amour et aux pièces mélancoliques.

Le Duduk baryton

Le registre baryton regroupe le Ré (D), le Do (C) et le Si (H), qui sonnent une octave sous les sopranos des mêmes tonalités. Dans les ensembles, ces instruments tiennent les voix situées entre le ténor et la basse.

Le Duduk basse

Le registre basse réunit le Si♭ (B), le La (A), le Sol (G) et le Fa (F). Les deux premiers sonnent une octave sous les altos, les deux autres une octave sous le Sol (G) et le Fa (F) ténors. Dans les ensembles, le Duduk basse assure les lignes graves et peut tenir le bourdon, appelé dam.

À partir du Do (C) baryton, et pour toutes les tonalités plus graves, la pose de clés devient indispensable pour couvrir tous les trous, en raison de leur espacement.

Tableau des registres, des tonalités et des tessitures

Registre

Tonalité

Tessiture réelle

Soprano

Mi (E)

Do♯4 (C♯4) à Mi5 (E5)

Soprano

Ré (D)

Si3 (H3) à Ré5 (D5)

Soprano

Do (C)

La3 (A3) à Do5 (C5)

Soprano

Si (H)

Sol♯3 (G♯3) à Si4 (H4)

Alto

Si♭ (B)

Sol3 (G3) à Si♭4 (B4)

Alto

La (A)

Fa♯3 (F♯3) à La4 (A4)

Ténor

Sol (G)

Mi3 (E3) à Sol4 (G4)

Ténor

Fa (F)

Ré3 (D3) à Fa4 (F4)

Ténor

Mi (E)

Do♯3 (C♯3) à Mi4 (E4)

Baryton

Ré (D)

Si2 (H2) à Ré4 (D4)

Baryton

Do (C)

La2 (A2) à Do4 (C4)

Baryton

Si (H)

Sol♯2 (G♯2) à Si3 (H3)

Basse

Si♭ (B)

Sol2 (G2) à Si♭3 (B3)

Basse

La (A)

Fa♯2 (F♯2) à La3 (A3)

Basse

Sol (G)

Mi2 (E2) à Sol3 (G3)

Basse

Fa (F)

Ré2 (D2) à Fa3 (F3)


Des tonalités intermédiaires existent aussi, comme le Sol♯ (G♯) ou le Ré♯ (D♯) soprano ; elles s'insèrent dans la même grille.

Comment les registres sont nommés

Les noms de registres viennent des voix du chœur. Dans une famille d'instruments, ils situent chaque membre par rapport aux autres, le plus souvent d'après sa note la plus grave. La frontière entre alto et ténor relève toutefois de la convention : le cor anglais, qui descend au Mi3 (E3), est tenu pour l'alto des hautbois, alors que son équivalent baroque s'appelait taille, c'est-à-dire ténor. Le Duduk en Sol (G) descend à la même note, et nous le rangeons parmi les ténors.

Le cromorne de la Renaissance offre un second point de comparaison. Comme le Duduk, il associe une anche double, une perce cylindrique et une étendue réduite, d'une neuvième dans son cas. Le cromorne alto, du Sol3 (G3) au La4 (A4), recouvre presque exactement la tessiture du Duduk en La (A).

Il n'existe pourtant pas de nomenclature officielle des registres du Duduk. Les ouvrages de référence décrivent des tailles plutôt que des registres, et les appellations varient d'un atelier à l'autre : le La (A) est parfois dit ténor, le Fa (F) baryton ou basse, le Ré (D) piccolo. Ces usages rapprochent le Duduk de la voix humaine, dont l'étendue est plus large : la tessiture du La (A) tient aussi bien dans une voix de ténor que dans une voix de contralto.

À La Maison du Duduk, nous retenons la logique des familles d'instruments, qui donne une échelle continue du soprano à la basse. Un point fait l'unanimité : le La (A) qui sonne une octave sous l'alto est une basse.

De Buni à Minasov : la formation d'une famille

L'idée d'une famille de Duduks date du XXe siècle. Dans les années 1920 et 1930, Vardan Buni perfectionne l'instrument et en crée trois variétés de registres différents. La plus grave, de registre baryton, porte son nom : le bunifon.

À partir de 1992, Georgy Minasov (1933-2020) conçoit des Duduks ténor, baryton et basse, ainsi qu'un mécanisme de clés qui élargit la tessiture de l'instrument. Il fonde en 1998 l'ensemble Dudukner, qui réunit une famille complète, du soprano à la basse.

Certains Duduks à clés prolongent ainsi leur tessiture vers le grave, jusqu'au Ré2 (D2) et parfois au Do2 (C2). Ils gardent leur taille et leur tonalité : ce sont des basses étendues, et non un registre supplémentaire.

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