Duduk, doudouk ou doodook : comment l’écrire et le prononcer

Duduk, doudouk, doudoug, et parfois même doodook : le nom de l’instrument arménien s’écrit de bien des façons. La plupart de ces variantes ne sont pas des fautes. Elles tiennent à la manière dont chaque langue transcrit l’arménien. Voici comment s’y retrouver.

Un seul mot arménien, plusieurs transcriptions

En arménien, l’instrument s’écrit Դուդուկ. Pour passer de l’alphabet arménien à l’alphabet latin, il faut choisir comment noter chaque son. Le groupe de lettres ու se prononce « ou ». Les transcriptions internationales, d’origine anglaise, le notent u, ce qui donne Duduk. La transcription française, qui écrit ce son ou, donne doudouk.

Les deux graphies désignent donc le même mot et se prononcent de la même façon. L’UNESCO elle-même emploie les deux : sur sa page en français, l’élément s’intitule « Le doudouk et sa musique », tandis que le texte parle du duduk.

Quant à doodook, ce n’est pas une graphie reconnue. C’est la façon dont un anglophone écrirait le mot à l’oreille, puisqu’en anglais oo se prononce « ou », comme dans food. Elle reste marginale : on ne la retrouve ni dans les ouvrages de référence ni chez les musiciens.

Comment prononce-t-on Duduk ?

Quelle que soit la graphie, le mot se prononce « dou-douk », avec l’accent sur la dernière syllabe, comme la plupart des mots arméniens. En notation phonétique, on écrit [duˈduk].

Au pluriel, on écrit des Duduks en français. En arménien, on dit dudukner (դուդուկներ).

Doudoug, tsiranapogh, balaban : les autres noms de l’instrument

On rencontre aussi la forme doudoug. Il existe également une seconde graphie arménienne, Տուտուկ. Lue selon la prononciation de l’arménien occidental, parlé par une grande partie de la diaspora, notamment en France, elle donne « doudoug ».

L’instrument porte aussi un nom plus ancien : tsiranapogh (ծիրանափող), parfois transcrit dziranapogh, littéralement « cor d’abricot », en référence au bois dont il est fait. Ce n’est que dans les années 1920, à l’époque soviétique, que le mot Duduk l’a supplanté en Arménie.

Dans les pays voisins, des instruments de la même famille portent d’autres noms : balaban en Azerbaïdjan et en Iran, duduki en Géorgie, mey en Turquie. Proches par leur principe, ils ont chacun leur facture et leur répertoire.

Duduk ou doudouk : quelle graphie choisir ?

Les deux sont correctes en français. Doudouk suit les règles de transcription du français. C’est la graphie qu’emploient volontiers les compositeurs français, comme Jean-Claude Petit ou Armand Amar. Duduk est la graphie internationale, la plus répandue chez les musiciens, les facteurs et dans les enregistrements du monde entier.

À La Maison du Duduk, nous avons choisi Duduk, écrit avec une majuscule : c’est le nom sous lequel l’instrument circule aujourd’hui d’un pays à l’autre.

Petit lexique

Le joueur de Duduk se dit dudukahar en arménien ; en français, on parle aussi de doudoukiste. L’anche double, pièce maîtresse de l’instrument, est couramment appelée ghamish, un mot emprunté au turc kamış, « roseau ». Le terme proprement arménien est yegheg. Enfin, le second Duduk, qui tient la note continue sous la mélodie, s’appelle le dam.

Duduk, doudouk ou doudoug : quelle que soit la graphie, il s’agit du même instrument, taillé dans l’abricotier et reconnaissable entre tous dès la première note.

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