Le Dam (Bourdon) au Duduk

Le Duduk se joue rarement seul. Dans la pratique traditionnelle, la mélodie repose presque toujours sur une note tenue, le Dam, qui se prolonge sous elle du début à la fin du morceau. Cet article explique ce qu’est le Dam, comment il se joue et ce qu’il apporte à celui qui travaille la mélodie, puis propose des pistes pour s’exercer chez soi.

Qu’est-ce que le Dam ?

Le Dam, que l’on traduit en français par « bourdon », est une note tenue sans interruption qui sert d’assise sonore à la mélodie. Il est confié à un second musicien, le plus souvent au Duduk, mais parfois au violoncelle ou au piano, pendant que le soliste conduit la ligne mélodique et ses ornements.

En tant que fréquence stable, le Dam constitue le pôle tonal autour duquel la mélodie s’organise, et il impose naturellement le calme. C’est pourquoi on le retrouve aussi dans certains milieux du yoga, de la méditation ou de la musique dite médicale. Le plus souvent, il est posé sur la tonique du mode joué, la note sur laquelle la mélodie trouve son repos. Lorsque la mélodie module, le joueur de Dam déplace sa note pour suivre le nouveau pôle ou tonique.

Une note continue grâce à la respiration circulaire

Pour que le Dam ne s’interrompe jamais, le musicien recourt à la respiration circulaire. Il inspire par le nez tout en continuant d’émettre le son avec l’air emmagasiné dans ses joues. Pendant ce bref instant, la pression des joues remplace celle des poumons, puis le souffle reprend sans que l’oreille perçoive la moindre coupure.

La difficulté tient à la régularité. L’anche du Duduk réagit à la moindre variation de pression, et celle-ci modifie aussitôt la hauteur et le timbre. Le joueur de Dam recherche donc avant tout un son stable et rond, plutôt qu’un son brillant. Une anche souple à medium et une embouchure détendue y contribuent, car elles demandent moins d’effort sur la durée.

Ce que le Dam apporte au soliste

Le Dam offre d’abord une référence d’intonation permanente. Chaque note de la mélodie s’entend par rapport à lui, et l’on perçoit immédiatement si un intervalle est trop haut ou trop bas.

Il donne ensuite leur sens aux ornements. Les glissandos, les appoggiatures et les trilles créent une tension que le Dam, resté immobile, permet de ressentir puis de résoudre. Le même ornement ne sonne pas de la même façon avec et sans bourdon.

Il révèle enfin la couleur du mode. Sur une tonique tenue, les degrés caractéristiques du mode se distinguent clairement, ce qui aide à les mémoriser et à les chanter juste.

Un outil précieux pour l'exercice et l’entraînement

Au quotidien, le Dam est aussi un outil d’entraînement très utile : il rend le travail de l’intonation, du souffle et des ornements plus concret que l’exercice à vide. Nous en parlons plus largement dans notre article Comment s’entraîner.

En conclusion

Le Dam est ce qui permet au Duduk de s’entendre pleinement. Le travailler, même seul, avec un enregistrement, affine l’oreille, stabilise l’intonation et rend les ornements plus précis. Si vous hésitez sur la tonalité ou sur l’anche adaptées à votre pratique du Dam, n’hésitez pas à nous écrire, nous vous conseillerons avec plaisir.

Voici quelques Dam (Bourdon) disponible en libre accès sur Youtube

 

 

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